Le « 15 août » est sûrement une date aussi connue que le « 14 juillet » ou le « 11 novembre » même si, pour beaucoup, elle est seulement synonyme de vacances ou de circulation difficile sur les routes.

Mais, pour les chrétiens, le « 15 août » n’est pas une simple date. C’est d’abord une fête, la plus grande des fêtes mariales, celle où l’on célèbre l’Assomption de la Vierge Marie.

Le succès de cette fête n’est pas à chercher dans son ancienneté puisque ce n’est qu’en 1950, donc tout récemment, que le Pape Pie XII a instauré officiellement la fête de l’Assomption. Cette proclamation solennelle n’a fait que couronner en quelque sorte un état de fait.

Depuis des siècles, en effet, le peuple chrétien vouait à Marie une très grande dévotion, affirmant ainsi sa conviction que la Mère du Christ n’avait pas pu connaître la corruption du tombeau mais qu’elle avait eu, au contraire, un destin exceptionnel : celui d’entrer avec son corps dans la vie éternelle. C’est ce que le Pape Pie XII exprimera par les mots suivants : «Au terme de sa vie terrestre, l’immaculée Mère de Dieu a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel». Il n’a fait que redire en termes plus théologiques ce que la foi populaire avait pressenti depuis longtemps. Marie, la première, a bénéficié de cette vie nouvelle inaugurée par la Résurrection du Christ.

L’Assomption de Marie, c’est son passage par la résurrection, à la suite de son Fils. Parce qu’elle a donné naissance au Fils de Dieu, Marie a été la première de toutes les créatures à voir en elle l’accomplissement total du projet de Dieu, ce projet qui veut que tout homme ait la vie en plénitude.

Si ce projet de Dieu a pu ainsi se réaliser en Marie, c’est parce qu’il n’a rencontré en elle aucun obstacle. Il suffit pour s’en rendre compte de suivre son itinéraire de foi. Cet itinéraire peut se résumer en un seul mot : «oui». Ce oui qu’elle a prononcé le jour de l’Annonciation et qui s’est prolongé tout au long de sa vie.

Marie a cru jusqu’au bout : au pied de la croix, le Vendredi Saint, au jour de Pâques, à Pentecôte. Et c’est à cause de cette foi constante et sans réserve qu’elle est devenue le modèle de tout croyant.

En méditant son exemple, nous pouvons comprendre ce qu’est une vie entièrement tournée vers Dieu, une vie ajustée à la volonté de Dieu, cette vie qui lui a valu d’être étroitement associée à la victoire du Christ sur la mort, après l’avoir été à sa Passion. C’est pour cela que Marie a une place aussi importante dans la Foi chrétienne. En elle nous sommes invités à contempler ce que nous serons un jour par-delà la mort.

Mais Marie n’est pas seulement la première disciple du Christ, le modèle des croyants, elle est aussi la figure de l’Église, celle que l’Église doit imiter pour être fidèle à sa vocation et remplir sa mission.

En effet, Marie a cru à la Parole de Dieu, elle a laissé l’Esprit agir en elle. A son exemple, l’Église doit se rendre réceptive à la Parole de Dieu et au don de l’Esprit.

Marie est la femme qui a mis au monde le Fils de Dieu. A son tour, l’Église doit engendrer des enfants de Dieu, continuer à mettre le Christ au monde en annonçant son Évangile et en permettant à tout homme d’en vivre pour qu’un jour il puisse, comme Marie, entrer dans la gloire de Dieu.

Que cette fête de l’Assomption fortifie en nous la foi en la Résurrection !

Abbé Jean-Michel BOUYGUES

Vicaire Général du diocèse de Périgueux – Sarlat